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L'Australie 1

 

1 - La côte Est : Brisbane/Sydney (15 nov à 15 déc 08)

2 - La côte sud : Sydney-Portland (15 déc 08 à 15 janv 09)

3 - La côte Sud : Portland-Port Augusta (15 janv à 15 fev 09)               

4 - Fiche technique

 

    Notre circuit complet

L’Australie figure en bonne place dans la liste des pays dont nous rêvions.
Nous arrivons donc plein d’espoir, de curiosité et d’envie le 15 novembre à
Brisbane, grande ville de la côte Est (1,5 million d’habitants).

 

A l’aéroport, le personnel du centre d’information nous laisse nous débrouiller
avec la réservation de notre hôtel. Le premier est complet, le second nous donne
une heure pour arriver. Nous échouerons par chance près de la gare centrale, à deux
pas de la « city », où se trouvent les administrations qui nous intéressent. En effet,
sortir un véhicule du port en Australie est un vrai parcours du combattant et nous
allons naviguer entre douane, transports, immigration, quarantaine, assurances… Nous
avons la chance de bénéficier des informations d’autres voyageurs passés avant nous
et nous nous sommes préparés mentalement ! Nous vous faisons grâce de tous les
détails, les personnes intéressées pouvant les retrouver sur la fiche « cargo » de notre site.

 

Mais pour vous donner une idée du contexte, sachez que pendant nos 10 jours à Brisbane,
trois violents orages accompagnés de mini tornades vont s’abattre sur la ville, avec même
des grêlons gros comme le poing. On dénombrera 4000 maisons sinistrées sans parler des
 inondations et coupures d’électricité. En outre, le cargo de Caraventure a pris du retard.
Au lieu d’arriver un mardi, il n’arrivera que le vendredi. Le service de la Quarantaine ne
travaillant pas le week end, nous serons obligés de prolonger notre séjour à l’hôtel. Cette
fin de semaine, Brisbane accueille deux finales internationales de cricket et de rugby à 13.
Tout est complet. Nous dormirons dans quatre hôtels différents, tout heureux de ne pas finir
sous les ponts. Geneviève commence à répéter « Si j’aurai su, j’aurai resté en Nouvelle Zélande ».

 

Nous regarderons quand même autour de nous et apprécierons le centre ville très animé, les
immeubles modernes, les quais branchés le long de la Brisbane River, le jardin Botanique.

       
Brisbane                La Brisbane River                    Le jardin Botanique

Détail amusant : Le Maire de la ville a recruté des artistes peintres pour décorer les 700 armoires
électriques de la signalisation routière indispensables aux quartiers mais esthétiquement sans
intérêt et le résultat est une réussite. Une idée à reprendre ???

        
Armoires électriques peintes
 

Un rayon de soleil dans tout cela : nous avons récupéré le courrier de nos petits amis de CM2
de l’école Jules Ferry d’Antony à l’agence consulaire française de Brisbane. Sur des feuilles de
couleur toutes magnifiquement décorées, comportant leurs photos, ils nous ont décrit les activités
de leur classe, avec aussi des messages personnels, parfois des charades, des histoires drôles.
Nous nous sommes régalés. Cet échange est un bonheur. Voici à quoi ressemblent des élèves ici :
 

    Ecoliers à Brisbane

 

Quant aux démarches, il n’y a pas plus bureaucrates que les Australiens. A chaque guichet, nous
 rencontrons toujours des interlocuteurs fort aimables, ce qui est déjà agréable, mais qui
s’appliquent systématiquement à nous rajouter une autre démarche ou un autre papier à fournir.
Nous faisons répéter plusieurs fois pour assimiler les procédures et les employés s’y prêtent ma
foi sans rechigner. Partis en campagne dès l’ouverture des bureaux, nous rentrons à l’hôtel le soir
vers 19 h, comptant ce que nous avons obtenu et listant les corvées du lendemain. Tout est payant
et la carte bleue chauffe !
 

 

Enfin, la dernière épreuve arrive. Le lundi matin, nous sommes au port, un peu contractés pour
ouvrir les portes de Caraventure afin que la quarantaine puisse faire son inspection. Celui-ci est
passé au peigne fin et le verdict tombe : il est déclaré bon pour les routes australiennes. Pas de
retour au lavage, le travail réalisé au Canada a donc été bénéfique. Nous acceptons ce résultat
avec une modestie calculée. Michel se met au volant pour une conduite toujours à gauche, mais
avec le volant du mauvais côté cette fois. Un petit coup d’œil aux batteries : elles sont pleines.
Brave Caraventure !

 

Le lendemain, il ne nous reste plus qu’une facture à payer à l’agence maritime. Nous nous garons
donc dans un quartier très réglementé en lisant attentivement les panneaux pour éviter tout pv.
Sur le chemin du retour, nous prenons le temps d’admirer trois Lamborghini dans une vitrine et
 

Lanborghini


achetons des éclairs au café et une baguette dans une boulangerie française appelée « Belle
Epoque ». C’est l’anniversaire de Geneviève et rien n’est trop beau. La baguette est d’ailleurs
enveloppée dans un superbe papier de soie rouge vif ! Nous sommes dans les temps pour
récupérer Caraventure avant que le stationnement payant ne commence et partir vers le Nord.
Notre objectif est d’aller voir les tortues de mer pondre, de quoi nous changer les idées. Il fait
beau et déjà très chaud. Nous revenons tout guillerets au parking.

 

Stupeur : Caraventure a disparu. Il n’est plus à l’endroit où nous l’avions laissé. Nous vérifions
la rue, c’est bien ici que nous l’avions garé… Heureusement nous venons de passer devant un
commissariat. Nous y retournons aussitôt, au pas de course, et entrons, baguette et éclairs en
avant. Calme plat dans le bureau. Deux employés papotent. Nous racontons notre histoire.
« Le stationnement est interdit dans le quartier. Tout part à la fourrière ». Insensible à nos
« on croyait que », « on pensait que », l’employée téléphone à une fourrière pour nous. Ils
ont bien kidnappé Caraventure. Ce n’est qu’à dix minutes à pied, de quoi se plaint-on ?
« Si on aurait su …». Nous repartons avec l’envie de balancer nos gâteaux à la tête du
premier venu. Nous qui avions réussi à éviter que Caraventure ne soit mis sur une remorque
pour sortir du port, les Australiens y sont quand même arrivés d’une autre façon! L’employé
de la fourrière nous reçoit derrière des barreaux. Il est de marbre. Nous sommes froids
Nous passons à la caisse. La plaisanterie nous coûte 200 dollars australiens, ce qui équivaut à
100 euros. La carte bleue de Michel est refusée. Geneviève donne la sienne : pareil. L’employé
attend son argent, que sa machine ne fonctionne pas ne le gêne en aucune façon. Nous grattons
le fond de nos porte monnaies et arrivons enfin à la somme. L’employé est satisfait et ose nous
dire que nous avons la chance d’avoir un change monétaire en notre faveur… grrr… Nous avons
enfin accès à notre pauvre Caraventure garé dans un hangar. L’employé nous fait remarquer le
papier sous l’essuie-glace : nous avons en plus une amende ! Nous rangeons la baguette
desséchée et les éclairs chauds et prenons la direction du nord. La récupération n’aura duré
qu’une demi-heure. Ces débuts en Australie sont un peu difficiles mais n’arriveront pas à gâcher
notre voyage.
 

 

Nous partons à la recherche d’un camping bien tranquille, vous comprendrez aisément pourquoi.
Nous y resterons trois jours, le temps de remettre Caraventure en service, ranger nos sacs à dos,
démonter la cloison, accrocher les vélos et souffler. Notre « campervan » attire à nouveau les
regards, par sa forme qui fait toujours sourire et sa plaque. Des allemands viennent nous voir,
des français aussi.

 

Pour varier les plaisirs, nous avions reçu un email de notre fournisseur d’internet précisant qu’il
s’était fait racheter par le Neuf et que si nous ne faisions pas les mises à jour nécessaires, notre
abonnement serait interrompu. Bien évidemment rien n’est simple et nous n’avons pu les effectuer
à partir de notre ordinateur portable ici. C’est encore une fois une de nos filles qui s’est occupée
de la corvée. La mise à jour « en un seul clic » étant toujours d’un cynisme calculé, elle a bien
souffert et passé du temps pour nous, avec succès toutefois. Nous ne dirons jamais assez toute la
reconnaissance que nous portons à nos filles pour leur aide et le temps qu’elles nous consacrent.
Aux dernières nouvelles, l’hébergeur de notre site va fermer. D’ici à ce que casenavenroute.com
ne disparaisse…

 

Nous sommes toutefois conscients que ces désagréments ne restent que des contrariétés. Nous
recevons des nouvelles bien tristes d’ami(e)s qui sont gravement malades. Nous pensons bien à
elles et à eux et en parlons souvent entre nous, en espérant bien sûr que leur vie reprenne un cours
normal le plus vite possible.

 

Le voyage a repris son rythme habituel et de belles surprises nous attendent. Nous rejoignons une
plage qui porte un nom français « Mon Repos » située à 350 km au nord de Brisbane. La moitié
des tortues du Pacifique Sud vient y pondre la nuit de novembre à mars, seul moment où ces
dames rejoignent la terre ferme. Elles reviennent à l’endroit où elles sont nées après avoir parfois
voyagé pendant des milliers de kilomètres, depuis l’Indonésie ou les Iles Salomon en parcourant
70 km par jour en moyenne. Sachant que les chances de survie des petits sont naturellement de
1 pour 1000 et qu’elles ne peuvent pondre avant l’âge de trente ans, le maintien de l’espèce paraît
 bien fragile. Mais les australiens veillent.

Celle que nous avons pu observer mesurait environ un mètre

    Tortue en train de pondre


de diamètre et a pondu sous nos yeux 58 œufs de la taille d’une mandarine (ça doit quand même
coincer à l’intérieur car la carapace est, pour le moins, peu élastique). Nous n’avons eu le droit de
prendre des photos que lorsqu’elle se préparait à repartir vers la mer, mais les rangers ayant
compté les œufs qu’ils regroupent ensuite dans une sorte d’écloserie dans le sable de la dune,

 

        Oeufs de tortue

nous avons pu les immortaliser eux aussi. Nous ne serons pas là pour voir les bébés tortues sortir
de leur coquille en janvier pour aller se précipiter dans le Pacifique, mais peut être sur une autre
côte d’Australie. Voici la trace qu'elle a laissée dans le sable :

    Traces de tortue dans le sable
 

Pour l’instant nous n’avons pas encore traversé de beaux paysages, nous les trouvons un peu plats

Paysage du Queensland
 

sauf peut être dans le
Carnavon Park, toujours dans le Queensland, l’état de Brisbane, où nous avons pu admirer une
forêt humide avec des fougères géantes de quatre mètres et des peintures aborigènes sur une


   
Fougères géantes et peintures rupestres dans Carnavon Park
 

falaise représentant des mains, des boomerangs, des empreintes de kangourous.

C’est là que nous
avons rencontré nos premiers wallabies avec par chance le petit dans la poche de la mère. Quand
cette dernière mange de l’herbe, il peut faire la même chose en sortant juste la tête.
 

             
Mère wallabie avec petit dans la poche
                                                                        

La chaleur par contre est bien au rendez-vous comme prévu avec 35 à 40° dans Caraventure. Si
seulement nous pouvions vous envoyer quelques degrés ! Quand nous sortons de notre torpeur,
entre deux verres d’eau, nous pouvons observer les oiseaux qui sont nombreux et d’espèces peu
courantes pour nous : des ibis en pagaille, des perruches, des perroquets, des cacatoès, des
kookaburras appelés aussi, oiseaux rieurs,


       
Ibis                                                     Perruche                                     Perroquet

 

       
Cacatoes                              Kookaburra
 

un « bustard », en anglais dans le texte car nous n’avons pas le mot français, qui faisait la
roue au milieu de la route forçant Caraventure à s’arrêter.

    "Bustard"
 

Les Australiens ne semblent même plus
y prêter attention sauf un qui nous a gentiment montré comment faire venir des perroquets arc en
ciel dans notre main en les attirant avec du pain.

"Lorikee" en anglais

 

Caraventure va bien. Nous avons même réussi à faire réparer l’aiguille de température du moteur.
Un simple nettoyage des contacts électriques a suffi…..La lumière de l’ABS reste toujours
allumée mais ne nous empêche pas de freiner. Par contre, au sommet d’une côte à 12%,
Caraventure s’est mis à accélérer sans que ne Michel puisse y remédier. La route étant en cul de sac,
nous avons été obligés de redescendre cette côte très sinueuse de 5km pour rejoindre le premier garage venu.
Il a fallu toute l’habileté du pilote pour que nous arrivions en bas sans quitter la route, avec les
freins un peu chauds tout de même… Le garagiste a trouvé la panne rapidement, une simple petite
pièce s’était détachée empêchant le moteur de décélérer. Maintenant nous sommes partis en
campagne pour une nouvelle recherche de pneus neufs, ceux que nous avions difficilement trouvés
au Mexique n’étant pas fabriqués ici !!! Suspens, suspens ! Mais nous avons été très bien reçus
par les employés de Bridgestone qui nous ont même offert deux belles casquettes avec une
superbe grenouille verte brodée sur le dessus. Elle est pas belle la vie ?
 

    

 

2 - La côte Sud : Sydney-Portland (15 déc  08 à 15 janv 09)

 

Notre deuxième mois en Australie a commencé par la visite de Sydney. Nous avons auparavant longé,
sans nous y arrêter, la côte Est depuis Brisbane, la « Côte Dorée », région très urbanisée, à la mode,
où les Australiens se précipitent en masse l’été pour s’adonner au surf et autres plaisirs nautiques dans

 

    Surfeurs australiens

lesquels ils sont excellents. Nous sommes frappés d’ailleurs par la taille des hommes ici, tous très grands,
baraqués et tatoués souvent. Geneviève conseille à Michel de ne pas les regarder de travers, mais en fait,
ils n’ont vraiment pas l’air agressif dans leur T shirt XXXXXL .
 

   
Australiens "baraqués"           et musclés

A Sydney nous avons soigneusement évité le centre ville pour installer Caraventure dans le camping
d’une banlieue lointaine, Emu Plain, à l’abri de toute fourrière. Nous avons pris des billets à la journée
nous permettant d’utiliser le train, le bus et le ferry autant que bon nous semblait. Et nous ne nous sommes
pas privés. Le premier jour, nous avons choisi le ferry pour arriver sous le célèbre pont du port de Sydney

                
Sydney                                                   Le pont de Sydney                        L'opéra de Sydney

et admirer le non moins célèbre opéra depuis la baie. Ensuite nous avons marché dans le vieux quartier
« The Rocks », dans le « Darling Harbour », entièrement rénové et très branché, bien décoré pour Noël.

    Darling Harbor
 

Nous avons pu écouter avec bonheur, pour la première fois, des aborigènes soufflant dans un didgeridoo,
cet instrument de musique typique creusé dans un morceau d’eucalyptus.

    Aborigène jouant du didgeridoo
 

Les jours suivants, nous avons fait
une randonnée dans la baie de Manly, une jolie baie accessible en ferry également, et sommes allés voir les
surfeurs sur la plage à la mode de Bondi.

       
La baie de Manly                                       Surfeur

Sydney est une grande ville (1,5 million d’habitants) d’où il est facile
de s’évader vers la mer. Mais aussi, à une heure du centre, on peut rejoindre les Blue Mountains, sorte de
« Grand Canyon » du Colorado, mais en plus petit et plus boisé, dont la partie la plus photographiée est
constituée par trois éperons rocheux appelés « les trois sœurs ».

    Les Trois Soeurs dans les Blue Mountains
 

On passe aussi au pied d’une immense
chute d’eau balayée ce jour là par un vent violent, magnifique sous le soleil.

Cascade dans les Blue Mountains
 

Ceux qui ont construit les sentiers
de randonnée se sont appliqués à nous faire descendre des escaliers d’un côté pour nous en faire remonter de
l’autre et ainsi de suite pendant des heures…des pervers  sans aucun doute!
 

Au Sud de Sydney, la côte est enfin plus sauvage et nous avons pu profiter de belles vues sur des rochers
en forme de « cathédrale » ou des colonnes de basalte balayées par les vagues, des phares, des plages
de sable orange et presque vides. Nous avons fait connaissance avec nos premiers pélicans australiens
et avons pu observer un « wombat », mammifère qui ressemble à un petit ourson, mais bien inoffensif et
qui se nourrit d’herbe.


                 
Cathedral Rocks                         Colonnes de basalt à Bombo       Phare de Kiama
 

                 
 Plage vers Bermagi                                  Pélican                                Wombat
 

Ceci nous a amené pour Noël à Canberra (320 000 ha). Cette capitale a été construite de toute pièce à partir
de 1913 et cela se sent. Les avenues sont très larges, séparées par des terre-pleins boisés. C’est sans doute
la seule capitale au monde où il est facile de circuler. Tout est grand, même le drapeau qui flotte au dessus du
Parlement (il a deux fois la taille d’un bus à impérial).

           
Le parlement de Canberra                    Canberra                        Le plan d'eau de Canberra

Nous avons donc élu domicile sur un grand parking près
de la grande bibliothèque nationale d’Australie (6 millions de livres). Situé au bord du grand lac de la ville, nous

    Caraventure sur un parking de Canberra

avions une vue splendide sur Canberra et sur le grand jet d’eau de 147 m qui projette en l’air 6 tonnes d’eau. Enfin,
il faisait frais. La ville nous a plu. Nous avons réveillonné tout seuls, dans Caraventure décoré, avec bougies et chants

Une vitrine de Noël à Canberra

de Noël, sur ce parking vidé de toute voiture. Pour débuter la soirée façon locale, nous nous étions exercés au lancer
de boomerang, notre cadeau de Noël, sur les grandes pelouses de l’ancien Parlement.

Michel lançant le boomerang

Dans ce domaine, il est
recommandé de commencer prudemment sans personne autour. Le nôtre était vendu avec la « garantie de revenir »,
mais, malgré tout, au début nous faisions plutôt du « planté » de boomerang que du « retour » de boomerang.
 

Après la visite du musée et du Parlement, nous avons repris notre route, dans une campagne plate, écrasée sous
le soleil, traversant parfois des forêts d’eucalyptus, avec panneaux « attention koalas » sans en voir aucun !

Nous avons
fait une halte un soir au bord de la Murray River, le fleuve le plus important d’Australie. Les locaux vont y pêcher sur de
petites embarcations ou même s’y baigner malgré l’odeur de vase et les vaches sur l’autre rive…

La Murray River
 

 Il faut dire que les
Australiens sont des coriaces : nous avons pu en observer un qui nageait dans une retenue de torrent. Dans un crawl
impeccable, il traversait le plan d’eau dont la surface était recouverte de mouches. Les mouches sont en effet la plaie
de l’Australie, comme les moustiques peuvent l’être en Alaska, mais jusqu’à présent, nous avons fait face sans avoir
à mettre notre filet de tête.

    Filet à mouches
 

Il faut dire que Michel s’est acheté une tapette à mouche qu’il a volontairement choisie de
couleur rouge prétendant que « ça allait saigner ».
 

Après Canberra, nous sommes arrivés à Melbourne (3,3 millions d’habitants). Impossible d’échapper aux villes sur la
côte Est. Sur un territoire grand comme 14 fois la France, l’Australie compte seulement 20 millions d’habitants et nous
avons déjà dû en croiser 19 !

    Melbourne
 

A Melbourne, il n’y a pas grand-chose à voir si on en juge par notre guide Lonely Planet : « Prendre un café au lait
dans Brunswick Street, visiter le musée de Melbourne, déjeuner d’un bol de nouilles à Chinatown, ensuite promenade,
shopping, aller au cinéma et finir par un bar le soir… ». Et pourtant Melbourne, dont l’intense activité culturelle touche
tous les domaines, du plus classique comme la peinture, au plus tendance comme la mode, mérite une plus grande attention.
Nous avons sillonné le centre ville à notre façon, à plusieurs reprises, le plus inattendu pour nous étant la bibliothèque de
Victoria, présentant, en plus d’expositions temporaires, des salles de travail somptueuses sous une immense coupole

    Bibliothèque nationale du Victoria

Pourquoi devant ce lieu d’étude trouve-t-on la statue équestre de Jeanne d’Arc ? Mystère.

    Jeanne d'Arc
 

Pour finir, malgré notre
répulsion pour les zoos et les animaux privés de liberté, nous sommes quand même allés voir celui de Melbourne pour
rencontrer le fameux « platipus », l’ornithorynque au bec de canard qui pond des œufs et allaite ensuite ses petits. Il est
difficile à rencontrer dans la nature car il vit au bord des rivières et ne sort qu’à la nuit tombée pour chercher sa nourriture
au fond de l’eau. Installé  dans une sorte d’aquarium, nous avons pu l’observer nageant sous l’eau et jouant avec une feuille.
Il ressemble en fait à un petit castor, le bec mis à part.


    Ornithorynque
 

Pour le reste, nous avons apprécié les détails insolites de la ville, comme les trolleys bariolés, les immeubles
anciens adossés aux tours modernes ; nous sommes entrés dans des banques pour admirer les décors du début

              
Trolley de Melbourne              Ancien et moderne       Locaux de la banque ANZ
  

du siècle, nous avons fait la queue (pour la photo) chez Chanel à l’occasion des soldes de fin d’année, des

Les soldes chez Chanel

grimaces en réponse à celles de statues au détour des rues, et serré la main d’anciens ministres…en bronze
dans le parc de la Trésorerie, facéties pardonnables en cette fin d’année.
 

       
Exemple de statues à Melbourne
 

Melbourne, c’est aussi le point de départ du ferry pour la Tasmanie. 10 heures de mer pour rejoindre
cette île qui s’ouvre de plus en plus aux touristes, alors qu’autrefois on y envoyait les bagnards anglais.
Même dans nos rêves les plus fous, nous n’avions jamais osé imaginer y venir un jour.
C’est maintenant chose faite !

    Le ferry "Spirit of Tasmania"
 

Il faut passer le 40° et nous nous attendions à un peu de roulis et de tangage. A peine. Nous n’avons pas
été malades, ce ne fut malheureusement pas le cas de tout le monde à bord du "Spirit of Tasmania"….

Nous avions imaginé une île sauvage, balayée par des vents et la pluie, couverte d’une végétation luxuriante.
Nous avons découvert un monde très civilisé, des villes importantes (Devenport, Launceston, Hobart) des

   
Devenport                                Randonnée dans le parc des Craddle Mountains
                        
voies de communication faciles, des sentiers de randonnées aménagés partout pour permettre de découvrir
des paysages très vallonnés (Cradle Mountains),

  Lac Dove (Craddle Mountains) 

 des lacs, des cours d’eau, des cascades,

    Nelson falls

des lagunes colonisées par des cygnes noirs,

    Cygnes noirs

mais aussi des plages de sable blanc (la célèbre Wineglass bay à Freycinet),
des eaux turquoises ou des côtes découpées.


                
Wineglass Bay                                     Parc Freycinet                     La mer de Tasman
            

L’agriculture est prédominante car la terre est fertile, avec l’élevage de vaches et de moutons.

       
Agriculture dans le centre de la Tasmanie

On y faisait les foins. L’île produit des camemberts que nous avons appréciés. Les fruits se plaisent ici
aussi, cerises, framboises, pêches, pommes… Nous avons remarqué également de nombreux champs
de pavot…cultivés à des fins pharmaceutiques.

    Champ de pavots
 

Les habitants ont préservé les sites historiques où les
bagnards ont séjourné principalement à Port Arthur,

    Site historique de Port Arthur
 

mais aussi de ravissantes maisons de style géorgien
avec un petit jardinet, surtout à Hobart. Que trouve-t-on comme fleurs dans cette île du bout du monde ?
hortensias, rosiers, géraniums, fuchsias et même roses trémières !

               
Maison de style géorgien à Hobart               Hortensias

La place d’honneur revient à Abel Tasman, le premier européen à avoir découvert ces lieux qui portent
son nom. Il a droit à une belle statue dans le centre de Hobart. Il a aussi donné son nom à la mer qui entoure
l’île, au Tasman National Park, à la Tasman Arch, au Tasman trail…etc.


Statue d'Abel Tasman
 

Il a du assister à un phénomène qui se
produit depuis des millions d’années : la migration des pétrels : nous nous étions installés un soir au bord d’une
plage pour y passer la nuit et nous avons vu arriver un ranger accompagné de touristes. Il venait faire un exposé
sur ces oiseaux qui viennent pondre sur les dunes de Tasmanie, et en particulier celle où nous étions garés. Nous
avons bénéficié des informations fort intéressantes sur ces oiseaux qui font l’aller retour depuis l’Alaska pour
pondre et se nourrir du krill lâché par la fonte des glaces de l’Antarctique. Et nous avons pu observer ces oiseaux
qui ne rentrent au nid qu’après le coucher de soleil, tous ensemble. Nous avons croisé aussi sur notre chemin de
jolis hérissons au long nez et des wallabies. Quant au « diable de Tasmanie », pas de trace sur notre route. Il serait
en voie de disparition et on le protège dans des centres appropriés.

                      
Echnidé                                                Wallabie                                             Le diable de Tasmanie

Nous n’avons pas chômé pour faire le tour de cette île, ce qui a occupé complètement les 10 jours que nous
y avons consacrés, mais nous aurions pu y rester plus longtemps.

 

 

De retour sur le continent, nous nous sommes dirigés à l’ouest, toujours à l’ouest, suivant la Great Ocean Road
qui nous a fait découvrir des côtes découpées, ocre, de toute beauté, avec notamment les 12 Apôtres, ces amas
rocheux isolés dans l’océan à la suite de l’érosion de la falaise.

       
                                          Les 12 Apôtres
 

C’est ici que nous avons étrenné notre filet à mouches, faisant ainsi sourire les touristes,
qui étaient obligés, eux, d’agiter les mains constamment pour les chasser de leur visage.
 

Autre bonne surprise également, nous avons passé la nuit dans un camping installé dans une forêt d’eucalyptus.
Nous venions y chercher des koalas et nous avons été comblés. L’arbre au pied duquel nous étions garé était
occupé par un vénérable mâle qui a grogné plusieurs fois au cours de la nuit car on voulait lui prendre sa place.
Cela s’est terminé le matin par une bagarre façon koala : 15 secondes de « pousse-toi-de -là-que-je-m’y-mette »

    Koalas
       
                                  
et une heure de récupération. En effet, le koala dépense toute son énergie pour digérer les feuilles d’eucalyptus,
se déplace au ralenti et dort 20 h sur 24. D’après les biologistes, il aurait sacrifié le développement de son cerveau
qui, fait rarissime, ne remplit pas toute la boîte crânienne, au profit principalement de sa digestion. Ce sont par
contre des animaux faciles à photographier du fait qu’ils ne bougent pas. Nous avons eu la chance de voir une
mère et son petit et une trentaine de koalas en liberté.

               

       
Maman koala et bébé                     En pleine sieste
 

Toujours dans ce camping, nous avons rencontré des belges, Sophie et Damien, qui font un tour du monde
avec leurs enfants, Yann et Pauline en camping-car. Nous étions en contact Internet avec eux, les sachant
en Australie sur la côte sud. Nous avions failli les croiser en Argentine à Ushuaia, mais cette fois ci nous nous
sommes retrouvés, par hasard, au milieu des koalas. Dans ces cas là, on sort les chaises, et on discute de nos
expériences sans arriver à épuiser tous les sujets de conversation, mais heureux de ce moment privilégié.

    La rencontre avec Sophie et Damien
 

3 - La côte Sud : Portland à Port Augusta

(Janv 09 à Fev 09)

 

 Nous sommes remontés dans les montagnes des Grampians, dans l’état de Victoria,
à l’ouest de Melbourne. « Montagne » est un bien grand mot en Australie, car les
sommets sont érodés et le point le plus haut, dans ce pays grand comme l’Europe,
ne culmine qu’à 2230 mètres. A l’entrée des Grampians, le syndicat d’initiative nous
distribue, comme d’habitude, des brochures en abondance et annonce fièrement que
le Mont William est à 1128 m. Bigre, cela mérite le détour, d’autant que la famille belge,
que nous avons rencontrée, nous a vanté les couchers de soleil depuis ce sommet. Pour
nous, il sera grenat et magnifique en effet.

Coucher de soleil depuis le Mont William

Quelques randonnées dans ces lieux nous
offrirons de beaux points de vue sur des formations rocheuses originales ou vertigineuses
et des chutes d’eau.

        
Grampians                                  Les chutes Mackenzie

Alors que nous prenions le temps d’admirer des fleurs sauvages,

 

       
La flore dans les Grampians

un émeu est apparu au niveau du rétroviseur, cherchant à doubler Caraventure…
Qui croyez vous qui l’emporta ? l’émeu bien entendu, puisqu’on a freiné pour le
laisser gagner.

     Emeu
 

Passage ensuite à Mt Gambier, ville construite sur un volcan éteint autour d’un lac
qui change de couleur avec les saisons en fonction des particules qui flottent dans ses
eaux. Nous l’avons vu bleu saphir, plus bleu que bleu! BLEU enfin ! Les Australiens
sont facilement dithyrambiques sur leurs paysages, « ils en font des caisses » nous
ont commenté des jeunes français de rencontre, mais ici, ils ont raison, c’est beau.

 

    Blue lake à Mt Gambier

Nous avons fui les touristes de cette ville pour passer la nuit au pied d’un autre petit
volcan voisin, sans eau celui-là, mais au cratère parfaitement préservé, fréquenté
uniquement par un wallabie.

           
Cratère du Mt Shank                                  Wallabie
 

Après la montagne, retour à la mer, car en cette période estivale, une petite
trempette est la bienvenue. Les Australiens se baignent souvent avec leur Tshirt
sans que nous ne sachions pourquoi et les petites filles rentrent parfois dans l’eau
en jupe. Mais tout cela semble parfaitement normal, tout comme le fait de venir
sur la plage avec son chien et de se baigner en sa compagnie. Dans ces cas là,
malgré notre amour des bêtes, nous sortons de l’eau, mais nous sommes les seuls.
Décidément, on ne fera pas de nous des Australiens…

 

L’île Kangourou, au sud d’Adélaïde, dans l’état de South Australia, a été cartographiée
en 1802 par un français, Nicolas Baudin, et de nombreux noms français sont restés :
cap du Couedic (tiens !), Vivonne Bay, Cap Bedout, Baudin Beach. Cela méritait
un détour. Nous y avons retrouvé le Pacifique qu’aucune terre n’a arrêté depuis
Montévidéo, avec de belles grosses vagues qui explosent sur les rochers. Et des
colonies de lions de mer que l’on ne se lasse pas d’observer d’autant qu’ils évoluaient
dans un cadre magnifique de rochers et d’arches. Le centre d’information sur place
disposait, fait exceptionnel, d’une notice en français alors que d’habitude seuls les
allemands, les espagnols, les chinois et les japonais ont droit à la leur. Il s’agit ici de
lions de mer à fourrure australiens et nous tenons à leur rendre hommage :

                       
Lions de mer sur l'île Kangourou                         Admiral Arch
 

les mâles,
qui pèsent jusqu’à 350 kg, peuvent plonger à 275 m sous l’eau et remontent respirer
toutes les 7 minutes. Les dames sont plus minces, de 60 à 100 kg, ne plongent qu’à
80 m de profondeur et restent 4 à 5 minutes sous l’eau. Tous passent 3 jours en mer
à plonger de 900 à 1200 fois pour se nourrir et reviennent se reposer ensuite 3 jours
sur les plages. Nous nous moquerons moins dorénavant lorsque nous les verrons
avachis sur le sable.

Sur l’île Kangourou, nous nous attendions à rencontrer des…kangourous. Nous avons
eu du mal à en trouver un. Nous l’avons aperçu au bord d’une mare, en train de boire.
Pendant vingt minutes, nous l’avons observé sans bouger, il buvait sans un mouvement,
comme s’il avait décidé de vider la mare. Et puis, soudain, le plein étant terminé, il a fait

Kangourou

demi tour pour repartir en sautillant, somme toute, légèrement. Moins sympathique fut la
rencontre avec un « tiger snake », un serpent-tigre noir . Sur les 15 espèces de serpents
les plus dangereux au monde, 10 vivent en Australie. Et celui-ci en fait partie. Les proies

    "Tiger snake"

étant rares, ils ont perfectionné leur venin pour en faire une arme fatale. Notre monstre
traversait la route nonchalamment et a continué son chemin sans s’intéresser à nous.
Nous ne lui en avons pas tenu rigueur.

 

Avec Caraventure, nous avons également rencontré une espèce plus classique, un
habitant de l’île. Il avait posé son avion un peu plus loin à cause du vent et marchait le
long de la route dans la tenue basique locale : short, chemisette et boots. Nous l’avons
reconduit à sa ferme où il élève des bovins. Combien ? 300, 350 ? il ne sait pas, il faudrait
qu’il les compte. A l’entrée de la ferme, des machines rouillent dans le champ. Il explique
qu’il est aussi propriétaire d’une entreprise de travaux publics. Mais il ne dispose plus
d’assez de temps pour s’occuper de tout cela car il possède un restaurant de l’autre côté
 d’Adélaïde. Sa femme en est le chef et fait de la cuisine « slow food » en opposition
à la « fast food ». De sa maison au désordre impressionnant, la vue est superbe. Il est
fier de nous faire remarquer qu’il peut observer aussi bien le lever que le coucher du
soleil. Nous nous quittons très vite, après un échange d’adresses, car quelques unes
de ses vaches se promenant sur la route, il partait les rechercher.

 

Nous avons pris notre temps pour visiter cette île et il nous en fallu car nous avons
retrouvé les routes en terre rouge agrémentées de tôle ondulée. 20 km/heure dans
ce cas est notre vitesse maximum. Nous avons repris les bonnes habitudes, comme
celle de nous précipiter pour fermer les vitres quand nous croisons un autre véhicule
à cause de la poussière, un avant goût de l’outback.

    Piste sur l'île Kangourou
 

Après cette bonne bouffée de nature, nous étions prêts à affronter Adélaïde,
(1,3 million hab), capitale de l’Australie Méridionale. Nous en profitons pour rechercher
un garage Mercedes pour la vidange de Caraventure. Le premier nous rejette parce
que nous sommes trop lourds. La rengaine recommence. Le technicien qui nous reçoit,
fort aimablement d’ailleurs, nous avoue que faire le tour du monde est son rêve. Nous
lui conseillons alors suavement de partir de préférence avec un … Toyota. Le
deuxième garage nous accepte mais nous demande une semaine d’attente. Il se trouve
que cette semaine est annoncée caniculaire. Ici cela se traduira par 45° le jour et 35°
la nuit. Nous décidons sagement de rejoindre le bord de mer, une plage de sable blanc
aux eaux vertes, avec des perroquets gris et rose, en installant Caraventure à l’ombre d’un arbre. Nous dopons notre frigo
poussif avec un sac de glace de 5 kg renouvelé tous les deux jours et attendons que ça
se passe. Michel sort la canne à pêche. Baignade, pêche, lecture, lecture, pêche, baignade.

        
                                          Rapid Bay                                           Coucher de soleil à Brighton
               
Nous laissons notre cerveau flotter dans sa voûte crânienne, façon koala et cherchons à
économiser notre énergie. 46°, c’est beaucoup, nous avons chaud jusqu’à la nausée.
Une pauvre petite brise a essayé de nous ramener à la vie en nous soufflant un air brûlant
à la figure. Même la mer d’huile n’avait plus la force de faire de vague. Les Australiens
utilisant la climatisation à fond, des pannes de courant sont apparues dans le pays.
Nous avons vu des pies, immobiles dans un arbre, le bec ouvert, les ailes écartées
pour profiter de la brise
.

    Pie sous la canicule

Coup de chaleur inhabituel pour les gens et sujet de conversation abordé en premier
par tout le monde. Nous nous demandions comment cela allait finir. Par un vent violent
Caraventure a tenu bon, mais les campeurs ont vu leur tente s’envoler, même celles
qu’ils attachaient à leur voiture s’aplatissaient. Certains ont plié bagage. Nous avions
sorti notre petite tente pour réserver notre place à l’ombre lorsque nous partions faire
des courses. Tout fiers, nous avons remarqué qu’elle résistait parfaitement. Par contre,
elle n’a pas résisté aux voleurs (3 jeunes allemandes d’après les témoins) qui l’ont
barbotée pendant notre absence. Oui, ce n’est pas grave. De même le vol de
l’appareil photo de Michel, laissé étourdiment sur un banc dans le Queensland
en novembre dernier. Nous sommes TELLEMENT heureux que notre matériel
puisse profiter à d’autres…

 

Nous avons quitté notre retraite pour nous rendre directement dans le parc national
des Flinders, évitant finalement Adélaïde à cause de la chaleur. Nous avons été
récompensé de notre initiative car nous avons trouvé là un décor de rêve, celui de
l’outback, le désert australien. Tout était réuni : les paysages vallonnés, ocre, les
maigres buissons épars, les cours d’eau asséchés, le silence, les kangourous à

      
Les Flinders
 

    
Kangourou                                                Aigle
 


l’ombre des rares acacias, les émeus et même les aigles. Le camping isolé dans
ce cadre impressionnant possédait heureusement une piscine dont nous avons

    Piscine dans le camping des Flinders

abondamment profité. Au cours d’une nuit insupportablement chaude, nous avons
entendu des kangourous sauter autour de Caraventure. Comme nous sortions,
ils se sont rapprochés, à nous toucher, et nous leur avons ouvert le robinet d’eau
de notre emplacement. C’était bien la raison de leur visite. Ils se sont rassasiés et
sont repartis silencieusement dans la nuit. Nous avons eu droit ensuite à une incursion
inattendue d’une chauve souris qui s’est dirigée directement dans la douche de notre
véhicule, notre porte étant grande ouverte. Michel lui à fait la chasse et lui a rendu
la liberté en douceur.

 

En traversant cette région, sur une route en terre, nous avons éclaté un pneu.
Ce fut pour nous la première roue à changer sur place, les autres pneus ayant
attendus d’être dans un garage. Ce n’est pas si mal au bout de tous ces km.

    Crevaison

Revenus à Port Augusta, ville au carrefour des axes Nord/Sud et
l’Est/Ouest, et riches en garages de toute sorte, nous avons pu en racheter
deux autres et changer ainsi les pneus à l’arrière, la bonne référence étant
disponible pour une fois. Nous avons trouvé des pneus de la marque américaine
« Federal », dont nous ne sommes pas sûrs de la qualité mais au moins,
nous pourrons les remplacer.

 

4 - Fiche technique

Pays visité avec un camping-car intégral Le Voyageur sur base Mercedes de 1991,
de 6 m de long. Voyage effectué seul.
 

 

► Change :

Au moment de notre voyage, 1 euro équivaut à environ deux dollars australiens.

►Décalage horaire : 6 à 9 heures d’avance sur la France (en fonction des horaires
été/hiver pour la France et des horaires été/hiver des différents états australiens)

►Préparation générale :

 1 - Cartes utilisées avant le départ: - Carte achetée en France, de Hildebrand’s pour
l’Australie de l’Est au 1/2.800.000. Carte IGN pour toute l’Australie au 1 :5 000 000 avec
plans de villes. Utiles pour préparer le trajet.

- Cette cartographie un peu restreinte a été complétée par les cartes données par les offices de
tourisme locaux qui sont très généreux en documentation. Nous avons également acheté un atlas
 routier indispensable « CAMPS AUSTRALIA WIDE 4 », ed 2008. (L’édition 2009
s’appelle Camps 5). Coût 55 AUD soit 28 euros dans les librairies, grands magasins, stations
services etc. Ce guide, en plus des cartes routières HEMA et des plans des grandes villes et de
leurs agglomérations, recensent toutes les aires de repos où l’on peut passer la nuit. Des
symboles précisent l’accès pour s’y rendre, s’il y a des toilettes, de l’ombre, de l’eau, si les
portables passent, s’il y a un point barbecue, l’électricité, si c’est payant, si la vue est belle, etc.
le tout avec le point GPS. Une mine d’informations sans oublier les points « dump » pour
vidanger les eaux noires.

2 - Guide utilisé : Le guide Lonely Planet. Un incontournable. L’abondance des superlatifs
nous irrite un peu ainsi que la façon de proposer les visites des grandes villes en suivant un
schéma classique passant du petit déjeuner dans tel café, au shopping indispensable dans telle
rue pour finir le soir par un verre dans tel autre bar. Mais il reste vraiment indispensable pour
tout le reste et répond parfaitement aux besoins quotidiens.

3 - Librairie française spécialisée : beaucoup de choix au Vieux Campeur à Paris et chez
Voyageurs du monde, 55 rue Sainte Anne à Paris 2e.

4 - Préparation spéciale du véhicule
 

Compte tenu de notre tour du monde et de notre passage en Argentine, nous avions un
extincteur en état, deux triangles de signalisation, une barre de remorquage pour 3,5 t. Nous
avions aussi une sangle de 10 m pour 10 t, deux plaques plastiques de désensablement avec
pelles. Les plaques de protection réservoirs ont été utiles sur les routes en terre et le second
réservoir de fuel aussi, bien que les stations services ne soient pas trop éloignées les unes des
autres, mais parfois elles peuvent être en panne ou en rupture de stock. Cela donne une
tranquillité d’esprit.

Ce serait à refaire, nous installerions une climatisation car les journées à 40° ne sont pas rares
et l’ombre, elle, par contre, l’est.

 Approche du pays :

Accès : Nous sommes arrivés à Brisbane par avion depuis Christchurch en Nouvelle Zélande,
avec un vol de 4 heures sur Air New Zealand.

Formalités :

  Passeport et visa : Nous avons des passeports valables six mois après la sortie du territoire
 et avions obtenu sur Internet un visa électronique de tourisme ETA valable 3 mois d’un
coût de 20 AUD, soit 10 euros environ. Voir site www.immi.gov.au. L’obtention est immédiate
et enregistrée sur les ordinateurs de l’immigration.
 

Il y a aussi un visa touriste d’un an qui peut s’obtenir à la même adresse mais prend plus de
 temps. On demande parfois une visite médicale auprès d’un médecin agréé. Nous avons fait
 cette demande directement aux services de l’immigration en arrivant à Brisbane et nous l’avons
obtenu de suite, après avoir rempli un long formulaire (n°676). Coût : 240 AUD par visa, soit
120 euros. Comme nous devions quitter le territoire au bout de 3 ou 4 mois, nous n’avons
demandé que pour une durée de 6 mois. Grave erreur, car notre séjour se prolongeant nous
avons demandé une extension du visa à Perth, ce qui coûte à nouveau 240 AUD. La visite
médicale exigée la seconde fois nous a coûté 234 AUD chacun et nous a pris huit jours.
Comme ils chipotaient sur l’hypertension de Michel et demandaient trois semaines pour statuer
sur son cas, nous avons annulé cette prolongation de visa. Ce n’est pas remboursé. L’autre
moyen pour prolonger ce visa d’un an, est de sortir du territoire et de revenir quelques jours
plus tard, cette méthode est possible deux fois au moins.

Donc, si c’était à refaire, nous demanderions immédiatement le visa d’un an !!

Permis de conduire international et permis français ne nous ont jamais été demandés,
mais nous les avons toujours en photocopie plastifiée avec nous.

Carte grise : même chose que pour le permis international.

L'assurance du véhicule

- a) Assurance obligatoire

En Australie il est obligatoire d’avoir une assurance minimum appelée CTP qui
couvre pour toute l’Australie, uniquement les blessures provoquées à des tiers
lors d’un accident avec le véhicule. Nous avons souscrit ce CTP auprès de

RACQ (Royal Automobile Club of Queensland)

261 Queen street à Brisbane (dans le centre)

Tél : 07 3872 8465

www.racq.com

Coût du CTP : 157 AUD. Cette assurance est valable jusqu’à l’expiration
du carnet de passage en douane. Elle permet dans un premier temps de rejoindre
les bureaux du Ministère des Transport, pour nous à Zillmère, en banlieue nord
(du fait de la hauteur de notre véhicule) qui délivre, après avoir passé le nez sous
le capot et vérifié le n° de châssis, l’autorisation de rouler en Australie pour un
véhicule avec conduite à gauche.

(Nous avions passé plusieurs heures dans l’antenne du ministère du transport de
Brisbane pour savoir s’il était nécessaire de faire passer un contrôle technique
au camping-car sans que nous ayons eu de réponses concordantes !)

Queensland Transport

229 Elisabeth street à Brisbane (dans le centre)

Tél : 13 22 80

www.transport.qld.gov.au

-b) Assurance facultative

Pour compléter le CTP et couvrir les dégâts matériels nous avons souscrit
(comme beaucoup d’autres voyageurs) après plusieurs jours de vaines
recherches par nous même, une assurance tous risques par l’intermédiaire
d’un broker :

la compagnie AIB Australia

Level 3, Silverton Place,

101 Wickham Terrace,

Spring Hill à Brisbane.

Tel : 3833 2200

brisbane@aibinsurance.com.au

www.aibinsurance.com.au

Rappelons qu’il  n’est jamais facile de trouver une assurance qui
veuille établir un contrat pour un camping-car avec une plaque étrangère…

 
En 24 heures, nous avons pu régulariser avec ce broker un contrat tous risques
d’un an d’un coût de 880 AUD avec une valeur déclarée du véhicule de 30 000 euros
et un contenu de 5000 euros. La franchise étant de 100 euros.
La compagnie d’assurance qui nous couvre s’appelle CIL
www.cilinsurance.com.au

Tél : 1800 112481

Il existe sans doute des assurances d’un coût moins élevé, mais nous
avons trouvé que celle-ci nous fournissait une couverture complète.
 

Vaccination : Aucun vaccin spécifique n’est obligatoire. Il est préférable toutefois d’être à
jour de ses vaccinations habituelles (DTpolio etc.)

La Monnaie : Le dollar australien. (1 euro pour deux dollars australiens environ au moment
du voyage. DAB nombreux (dans les banques, centres commerciaux, stations services entre
autres) avec cartes européennes (Visa, Mastercard…).

Conditions de passage en douane :

A l’entrée pour nous :

On ne peut pas entrer de fruits, les chaussures de marche doivent être propres : il ne faut pas
entrer de terre, de bois... Il faut remplir une fiche qui liste tous les produits interdits et indiquer
les objets ou denrées pour lesquels on a un doute. Cela vaut mieux que de mentir : ici on ne
plaisante pas. Nous avons précisé que nous avions des chaussures de marche et ils ont
demandé à les voir pour vérifier si elles étaient bien propres. Le contrôle sanitaire est sérieux.

 A l’entrée pour le véhicule

Voir notre article à la page "le cargo" de notre site : traversée de Vancouver à Brisbane.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est compliqué !!

http://www.casenavenroute.com/le%20cargo.htm#la%20traversee%20en%20cargo

 

 A la sortie :

Ils sont beaucoup plus cool pour ceux qui partent ! Nous avons quitté le pays par avion
avec les contrôles d'aéroport habituels.

Pour le départ de notre cc en cargo depuis Perth, voir la page "cargo" de notre site.

Le pays visité

1 - Etat des routes :

Tout d’abord, ici on roule à gauche. Venant de Nouvelle Zélande, nous étions à l’aise. Ce
sont surtout les sens giratoires qui semblent compliqués au début et les priorités à droite, même
pour celui qui vient en face de vous au carrefour et qui tourne à droite pour lui. D’où l’utilité
d’avoir un atlas routier qui comporte des pages relatives aux panneaux de circulation et aux
priorités.

Il y a des autoroutes qui traversent les grandes villes, mais on y rencontre des feux rouges. Les
autres routes goudronnées sont étonnement importantes dans ce pays grand comme l’Europe.
Elles bonnes à très bonnes. La conduite des australiens est normale, mais ils conduisent plutôt
égoïstement en vous coupant la route s’ils jugent qu’ils ont le temps de passer, même si cela
vous oblige à freiner. Ils n’aiment pas vous laisser vous rabattre non plus.

2 - Signalisation : Très bien faite. Nous n’utilisons pas de GPS et avons toujours trouvé
facilement notre chemin.

3 - Péages : Nous avons rarement rencontré de péages. A Brisbane pour passer un pont (3
AUD) et à Sydney, un péage par Internet : des panneaux indiquent un numéro de téléphone à
appeler si vous n’êtes pas abonnés. Ensuite on vous demande votre numéro de carte bleue et
c’est retiré automatiquement. (7,5 AUD pour contourner Sydney sur l’autoroute M7).

4 - Contrôles de police : Nous n’avons été contrôlés qu’une fois. Les véhicules de police
dotés d’un logo de damiers bleus et blancs sont plutôt discrets.

5 - Gas oil : Nous n’avons pas eu de souci en approvisionnement de gas oil. On se sert tout
seul et on va payer ensuite dans la boutique. Nous avons payé généralement le diesel de 1,27 à
1,38 dollar australien le litre, ce qui fait environ de 0,63 euro le litre à 0,79. Le prix monte à
1,55 AUD dans les zones isolées…

6Phares : il n’est pas obligatoire de rouler le jour avec les phares allumés, bien que certains
le fassent.

7 - Stationnement : Le deuxième jour de notre arrivée à Brisbane, notre véhicule a été mis en
fourrière. Nous étions de bonne foi mais avions mal interprété un panneau. « clear » signifie
interdiction de stationner…Coût de la plaisanterie : 260 AUD, amende comprise ! Ensuite nous
avons évité de stationner dans les grandes villes  en nous installant dans un camping à l’extérieur
et en prenant les transports en commun avec des billets à la journée tout compris…Dans les
petites villes, il n’y a aucune difficulté : la durée limite du stationnement est indiquée : 2P signifie
que vous avez droit à 2 h par exemple. Ceci est vérifié par un employé qui verbalise.

8 – Wifi : Payant en général partout, même dans les campings chers. Mais on en trouve
facilement et on se connecte en payant directement le hotspot avec la carte bleue. Dans les
grandes villes, les Mc Do ont parfois une connexion gratuite, les Starrebuck coffee proposent
un wifi payant. Les connexions sont plutôt rapides. Les prix varient autour de 6 à 10 AUD pour
une heure. L’accès dans les bibliothèques est souvent gratuit, parfois limité dans le temps. Dans
l’état d’Australie Méridionale, les bibliothèques vous donnent un code d’accès gratuit pour le
wifi et vous pouvez ainsi vous connecter devant l’immeuble même après les heures d’ouverture.
 

La compagnie de téléphone TELSTRA propose pour 150 AUD une carte USB qui permet
d’obtenir le wifi dans tous les endroits où les portables captent sur le territoire. Il faut ensuite
payer pour un temps de connexion qui est fonction de votre activité sur Internet (fréquence,
envoi de photos, téléchargement etc.) par exemple de l’ordre de 15 AUD par mois pour vérifier
sa boite mail. Nous n’avons pas acheté cette clé, mais des voyageurs nous ont conseillé
d’apporter son ordinateur portable dans le magasin pour faire faire l’installation par le vendeur,
ce qui évite de revenir car on n’a pas pu terminer l’installation tout seul…

 9 -Niveau de vie : Nous avons trouvé que les prix étaient relativement élevés et le touriste a
bon dos. Nous avons utilisé les cartes de réduction des magasins Woolworths sans avoir
d’autres rabais que 4c par litre de fuel dans les stations services gérées par cette grande
surface. En effet pour obtenir d’autres réductions chez WW, il faut une adresse en Australie.

10 - Gaz : On trouve en Australie, dans les stations services, des bouteilles de 9kg GLP
équivalant de notre propane, qui nécessite l’usage d’un adaptateur international, et on peut soit
les remplir soit les échanger. Prix d’une bouteille pleine lors de l’acquisition : 82 AUD. On paye
la moitié lors de l’échange ensuite.

11 - Electricité : 220 V.50 Hz. Les prises ont trois fiches plates. (Il faut un adaptateur à
acheter en Europe mais que l’on trouve aussi sur place dans les grandes surfaces). Elles sont
souvent accompagnées d’un petit bouton qui ouvre ou ferme l’alimentation électrique de la
prise. Il faut y penser avant de rechercher une panne éventuelle.
 

Bivouacs

L’Australie est très organisée au niveau camping, et ils sont très nombreux, du plus sophistiqué
au plus rustique dans le bush. On peut parler du paradis des campeurs ! Il existe des brochures
gratuites donnant la liste des campings classiques par état. En plus des services habituels de
douches, laverie etc, ils ont tous une cuisine commune très utilisée par les locaux et un barbecue
souvent au gaz. Une autre brochure, distribuée dans les syndicats d’initiatives, donne tous les
campings dans les parcs nationaux et fédéraux,. Le confort y est plus succinct (réduit souvent à
des toilettes) mais ils sont presque toujours dans un cadre magnifique et peu chers. Soit les
parcs sont gratuits dans certains états, soit il existe un Pass pour des entrées multiples pendant
un mois ou deux.

On peut prendre une carte de membre pour la chaîne de campings Family Park qui coûte 20
AUD au départ et vous permet d’avoir 10% de réduction sur le tarif. Offre faite aux touristes
pour deux mois seulement.

Les gens respectent bien les heures de tranquillité. Nous n’avons jamais été dérangé par un
voisin bruyant. Nous n’avons jamais rien réservé à l’avance et avons toujours trouvé de la
place, et avons abondamment profité des renseignements fournis par notre CAMPS 4 (voir
description ci-dessus).
 

Nous n’avons fait de camping sauvage que lorsqu’il n’y avait pas de panneaux « interdiction de
camper ». Dans le cas contraire, on reçoit un avertissement, une amende ou on est invité à
partir.