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L'Australie 3

 

 

 Notre circuit complet

 

8 - Darwin/Adelaïde/Perth

 

 

 Notre retour de Bali vers Darwin s’est effectué par un vol de nuit. Même à deux heures du matin, nos
« amis » de la Quarantaine sévissaient et nous avons dû montrer les semelles de nos chaussures de
marche. Nous avions pris soin de les laver avant de partir, en vieux habitués des manières australiennes
et nous avons eu droit aux compliments du douanier. Mais, pendant notre petite escapade, la grippe
porcine s'est développée sur ce continent. Après avoir rempli un formulaire à ce sujet, nous avons prié le ciel pour
qu’aucun passager ne soit malade : un appareil mesurait en effet la température corporelle de chacun
de nous lorsque nous passions dans son champ. Heureusement, tout le monde était bien autour de
37°7 !
 

 

En attendant de récupérer Caraventure laissé chez une société de gardiennage, nous avons passé le
reste de la nuit affalés dans les fauteuils de l’aéroport, prêts à nous endormir, mais sursautant à chaque
annonce rappelant bruyamment les embarquements qui s’enchaînaient, l’aéroport de Darwin restant
ouvert toute la nuit. Nous retrouverons notre fidèle compagnon au petit matin, en bon état et le
ramènerons directement dans un camping pour procéder à sa réinstallation.
 

 

Nous faisons aussi des provisions pour les jours à venir car une dernière « aventure », nous attend et
non des moindres : la visite du « centre rouge », le « cœur », l’ « âme » de l’Australie selon les
brochures touristiques. Une seule ville dans cette région désertique, Alice Springs (25 000 habitants)
pour le ravitaillement et quelques stations services en chemin servant aussi de pub, restaurant, épicerie
et motel.


.

             
                            Equipement typique de                                    Station service dans le centre
                          l'Australien en vacances

 

La route principale qui y mène porte le nom de Stuart highway, en l’honneur du premier européen à
avoir traversé le pays du Sud au Nord en 1862. Son épreuve dura deux ans, un exploit lorsque l’on
voit la monotonie, l’aridité des paysages, le manque d’eau et surtout la chaleur torride en été (45°)
Heureusement pour nous, nous sommes en hiver et les températures sont tout à fait supportables et
même fraîches la nuit. La vie est belle et la route goudronnée.

               
La plaque en mémoire de Stuart

 

Le centre rouge, incroyablement rouge, nous touchera au-delà de notre attente : magnifique, les plus
beaux paysages



La terre rouge du centre australien

d’Australie à notre avis. Des montagnes dressées il y a 350 millions d’années, il ne reste plus, après le
travail du vent et de la pluie, que des roches curieusement arrondies comme les Devils Marbles, des
gorges creusées dans des falaises verticales dans les MacDonnell ranges ou des monolithes comme le
célèbre Ayers Rock, symbole de l’Australie. Nous avons pu faire toutes les randonnées proposées
dans des paysages insolites comme à Kings Canyon, attendre l’heure où le soleil inonde le creux des
gorges de ses rayons, ou celle où il enflamme les roches rouges à son lever ou son coucher.
 

   
Les Devils Marbles

                  
Simpson Gap            Stanley Chasm        Ochre Pits                                    Ormiston
( Sites parmi Les MacDonnell)

Les trous d'eau ne sont pas perdus pour tout le monde :

       
Dingo                                        Echassier

Les animaux se font rares dans la région car les conditions sont rudes, aussi avons nous été surpris de
rencontrer des dromadaires en liberté. En fait, ils servent à promener les touristes en mal
d'exotisme et en attendant, ils ont le droit de chercher leur nourriture dans la nature et ça surprend.


Dromadaire
 

Et puis, nous sommes enfin arrivés au pied du fameux rocher d’Uluru, impressionnant et imposant au
milieu d’un paysage complètement plat. Classé au Patrimoine de l’Unesco, il reste sacré pour les
aborigènes. « Grimper sur le rocher n’est pas interdit », écrivent-ils, « mais cela a une grande
signification pour nous, et nous préférons que, en tant qu’invités sur la terre Anangu, vous choisissiez
de respecter notre loi et notre culture en ne grimpant pas » Nous en avons donc fait uniquement le tour
à pied (9km) et avons assisté au coucher et au lever su soleil lorsque les rayons l’embrasent, un
spectacle inoubliable.
 

      

    

 

Moins célèbres, mais non moins étonnants, les Monts Olgas ne sont qu’à 50 km d’Uluru. D’énormes
blocs rocheux rouges, arrondis par l’érosion, sont enchevêtrés les uns dans les autres. La bien nommée
Vallée des Vents se faufile entre eux et nous amène vers des points de vue époustouflants sous un ciel
d'un bleu profond.
.
 

       
Les Monts Olgas
 

On comprend que les aborigènes en aient fait également un lieu sacré. Ils expliquent le monde à leur
façon à travers le fameux « rêve  australien» qui raconte qu’au début le monde était plat, que des
ancêtres très puissants, sous la forme d’hommes, d’animaux ou de plantes ont traversé le pays,
vivant des aventures et laissant leurs marques dans le paysage qu’ils ont formés. Les aborigènes
ont ainsi une relation à la terre plus forte que nous et marchent pied nu pour rester en contact avec elle.
 

          
Statue d'aborigène        Didgeridoos
à Aileron

 

Nous avons eu, au cours de notre voyage, une vision très superficielle des aborigènes qui vivent
essentiellement dans le Territoire du Nord. Mais, force est de constater que ces gens, qui n’avaient pas
éprouvé le besoin de changer de vie pendant des millénaires, semblent perdus dans le monde que les
australiens leur proposent. Des peintures rupestres des années 1800 représentent l’homme blanc, les
mains dans les poches, leur disant ce qu’ils devaient faire… On leur a enlevé leurs enfants pour les
éduquer soit disant (voir le film Australia) mais sans arriver à les transformer en Australiens modernes.
Ils parlent toujours leurs langues et semblent ne pas vouloir travailler pour l’homme blanc. De leur côté,
les Australiens n’ont pas l’air de les estimer beaucoup, mais par contre, exploitent à des fins
touristiques, leur culture. Certains magasins dans le Territoire du Nord mettent une affichette à
l’entrée : « no shirt, no shoes, no service » pour prévenir que s’il l’on arrive pied nu et/ou torse nu, on
ne sera pas servi. Nous n’avons pas tenté l’expérience pour savoir si la sentence est dirigée contre les
aborigènes uniquement.
 

 


Quant à nous, nous n’avons pas eu de contacts avec eux, à part quelques saluts de la main, mais en
général, ils évitent les touristes. Par contre, nous avons rencontrés, dans ces lieux retirés, des français !
Tout d’abord, nous avons fait la connaissance de Chantal et Gilles de Montpellier, sur les routes
depuis des années, en 4x4 avec cellule. Petit dîner sympa dans leur « maison » à regarder leurs photos
et à rire de leurs anecdotes racontées avec humour. Ensuite nous avons retrouvé la famille Roux déjà
croisée à Kakadu. Avec eux, nous avons fini la soirée dans le bush. Tandis que leurs filles
construisaient une cabane, nous avons échangé les dernières nouvelles. Leur circuit sur 5 ans est en
passe de se dérouler sur 6 ans. Nous sommes pleins d’admiration pour ces courageux nomades que
nous suivrons assidûment sur Internet (www.familleroux.top-depart.com).
 


La famille Roux au féminin

Et pour finir, nous avons
croisé la route d’Amanda et Olivier, des jeunes mariés de Palaiseau, des voisins donc, partis sur les
routes du monde en vélo couché. Trois ans de pédalage, excusez du peu. Ils font sensation partout où
ils passent et c’est tout à fait justifié. http://globicyclette.free.fr
 


Amanda et Oliver
 

Dernière étape dans le centre, Coober Pedy, la capitale mondiale de l’opale. On y retrouve 40
nationalités différentes, venues chercher fortune. On a redécouvert, au début du 20e siècle une mine
qui n’avait pas été exploitée jusqu’au bout, on en ignore les raisons, et dont les parois contiennent
encore des opales. On a conservé le lieu intact pour en faire un musée et nous sommes allés rêver. Les
mineurs travaillaient, comme souvent, dans des conditions difficiles, creusant parfois à la main et en
rampant. Le cimetière local témoigne de leurs vies souvent courtes et vaut la visite pour le côté
étonnamment humoristique qu’on y trouve. Certaines tombes comportent un siège ou même un banc,
des cannettes de bières pleines, celle de Karl Bratz contient carrément un tonneau de bière et l’on est
invité à boire un verre en souvenir du mort. Il devait avoir beaucoup d’amis, car le tonneau est vide
maintenant !
 

       
Coober Pedy            Un treuil de mine                La tombe d'un joyeux mineur
 

Les températures en été approchant les 45°, de nombreuses habitations sont troglodytiques, façon
mines d’opales, et cette mode a été reprise par les hôtels, les bars et même les églises.
 


Eglise orthodoxe

 

A quelques kilomètres de là, se trouve un site étrange au relief tellement inhabituel qu’il a servi de cadre
à plusieurs films comme Mad Max 3 ou Priscilla reine du désert. Il s’agit de la Breakaway Reserve
avec de multiples collines ocre, blanches, rouges, tout à fait surréalistes. Décidément, notre bonne
vieille terre n’en finira jamais de nous surprendre !

   
Breakaway Reserve

C’est ainsi que s’est terminée notre traversée du centre rouge. De rats du désert pendant plusieurs
mois, nous nous sommes transformés, sans grande joie, en rats des villes. Nous avons rejoint Port
Augusta, déjà visitée en février dernier. La boucle est ainsi bouclée… Nostalgie ! Nostalgie !
 

Après avoir ainsi bouclé notre tour d’Australie, notre préoccupation était de trouver un cargo pour rapatrier
Caraventure en France avant l’expiration de notre visa le 15 septembre. L’agent maritime de Perth,
avec lequel nous avions des contacts, tardait à nous donner des dates. Nous avions déjà programmé
avec lui un départ depuis Melbourne, mais prudents, nous sommes restés plusieurs jours à Victor
Harbor, dans la péninsule de Fleurieu, à attendre de ses nouvelles.
 

    
Une baie près de Victor Harbor
 

Les avantages de cette cité touristique étaient de taille : joliment située sur une baie avec accès à une
île, zone de villégiature des baleines, bivouacs sauvages possibles et bibliothèque municipale toute
neuve avec wifi gratuit. Nous avons donc attendu les mails de l’agent maritime bien agréablement
installés, l’unique baleine en place ayant daigné nous montrer son dos, sa nageoire et sa queue !
 


Queue de baleine 
 

Finalement le mail arrive. L’agent propose deux dates en août. Il s’occupe des réservations mais à
nous de nous débrouiller seuls à Melbourne. Cela ne nous convient guère. Nous décidons alors de
partir immédiatement à Perth, pour avoir un interlocuteur proche pendant les formalités. 3000 km à
faire, nous y serons dans une semaine.
 

 

Cela ne nous déplait pas de prendre cette direction vers l’ouest, car nous allons suivre à nouveau la
route mythique de Nullarbor, et cette fois ci, pouvoir observer 40 baleines franches qui profitent
actuellement des eaux chaudes de la côte à Head of Bight. Pour une fois, au bout de deux ans de
voyage, nous tombons à la bonne période pour les rencontrer.
 

 
Baleine franche
 

Tous les pleins faits, nous partons pour cette longue route le long de laquelle va s’ouvrir prochainement
le terrain de golf le plus grand du monde, le Nullarbor Link, 1365 km, à la démesure de ces espaces
immenses. Nous ouvrons tout grand nos yeux et nos oreilles pour essayer de garder le plus de
souvenirs possibles de ces lieux : falaises calcaires, buissons bleutés, silence profond, nuit étoilée de

       
La plaine de Nullarbor

l’hémisphère sud. Quelques derniers kangourous viennent nous saluer au passage (normal, nous
n’avons écrasé aucun des leurs), pluie et vent nous accompagnent.
 

 
Kangourous
 

Nous en profitons pour faire une halte à Hyden, à la Wave Rock, une falaise en forme de vague de
100 m de long et d’une hauteur de 15 m. Elle est célèbre depuis qu’un photographe a gagné grâce à
elle, un concours de photos couleurs à la Foire Internationale de New York en 1963. Elle est entourée
de marais salés et de roches bizarrement érodées.

 

       
La Wave Rock                                 Marais salés                    Roche érodée par l'eau

Nous arrivons à Fremantle, le port de Perth, dans les temps. Cette fois ci, c’est la fin non seulement de
notre voyage en Australie, mais aussi de notre tour du monde. Sniff  et resniff!


Statue de pêcheur dans le port de Fremantle

Dans quelques jours ce sera le départ en cargo de notre cher Caraventure, si
fiable, si valeureux et si brave. Une fois qu’il aura quitté le quai, nous prendrons alors notre billet
d’avion pour rejoindre notre petit Liré antonien.
 

Nous savons, comme le dit Nicolas Bouvier, que nous ne retrouverons pas « les gens, les objets, les
livres, les idées là où nous les avions laissés » et qu’il nous faudra « faire le point dans le désordre né
de ce grand chambardement », mais nous sommes heureux de rentrer pour nous poser …. avant de
repartir pour de nouvelles aventures, qui sait !